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Men are trash

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  Le cœur allant vers     Quand le soleil change de côté pour aller éclairer d’autres visages, d’autres couleurs ou d’autres odeurs, ici les démons s’éveillent. Alors dans la nuit et sa longue éternité, la peur s’accroche aux semelles de celles que les autres jugent trop seules. Elle suit les exclus que les autres jugent trop sales. Les efféminés, les différents, les uniques, les féminines. Les tout, les riens. Parce que la violence n’a pas de logique et les chiens n’ont pas toujours de maître.   Les jambes élancées ou les courts-sur-pattes fournissent alors le même effort pour fuir l’ombre qui s’applique à noircir leur innocence et à taire leur révolte. Parce que c’est de leur faute. Elles l’ont bien cherché. Mais « Elles » c’est aussi nous, c’est aussi moi. Moi qui suis paralysée parce que la nuit est bien trop vite tombée et qu’on ne peut pas faire marche arrière sur les pas de la journée.         La rue n’est pas la leur m...

Waterman

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  Le souvenir la frappe sans prévenir. Elle ne s’y attend pas, comme à chaque fois qu’il la percute avec la même violence malgré le temps qui passe. Pourtant il est de ceux qu’il vaudrait mieux oublier. Il faisait lourd et gris, la pluie menaçait sans jamais tomber. C’était une bonne journée de merde. Elle avait un rendez-vous important, pour présenter son album à un producteur. Elle avait dépensé toutes ses économies pour payer des  prods  correctes et s’enregistrer dans un studio digne de ce nom.  Elle était méchamment fière de ses mélodies dansantes sur lesquelles elle crachait sa haine du monde entier sans aucunes distinctions d’âge, de genre, d’idée politique ou de classe sociale. C’était de la mauvaise foi en bloc et complétement désorganisée. Elle glissait quelques allusions sexuelles bien vulgaires pour appuyer un propos, ou juste le plaisir de l’insolence injustifiée. Le tout avec l’affront d’un artiste qui n’a plus rien à perdre. Pendant 5 mois elle s’était...

8h14

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  Gauche, droite et gauche à nouveau. Facile. Un apprentissage devenu automatisme à force de le faire. Il est 8h06. C’est une belle matinée de novembre ; un peu froide, un peu ensoleillée. Parfaite. Elle aime les « un peu ». Ils sont doux, confortables. Elle n’aime pas l’intensité des « trop ». Elle n’aime pas avoir trop chaud, trop froid, trop faim. Elle n’aime pas avoir trop peur, trop mal, trop honte. Elle déteste aimer trop, attendre trop, pleurer trop. Elle préfère les choses simples. Elle n’est pas du genre à avoir une liste choses farfelues à faire avant de mourir comme faire un tour d’hélicoptère, ou une balade en Alaska avec des chiens de traineaux. Elle n’est pas non plus du genre à rêver d’un saut en parachute pour ses 25ans. D’ailleurs pour ses 25 ans, elle avait donné rendez-vous à deux amies dans un bar à chats et avait passé la soirée à caresser Coconuts, Mimiss et Camomille en buvant un matcha particulièrement immonde, mais conseillé par I...